Smart Moov
Plateforme SaaS pour gérer ses propres communautés d'intérimaires
CTO
Rendre l'intérim autonome, du sourcing au contrat
Smart Moov est une start-up HR Tech fondée en 2021, que j'ai rejointe comme CTO en novembre de la même année. Le produit : une plateforme SaaS collaborative permettant à chaque client de se constituer sa propre communauté de travailleurs temporaires et de tout piloter en autonomie, du sourcing jusqu'à l'édition des contrats d'intérim. La promesse : -50% de temps en moyenne, une intégration directe à l'ATS, au SIRH ou à l'ERP déjà en place, et une conformité RGPD.
L'intérim est un secteur vieillissant, avec des outils complexes et difficilement intégrables et automatisables. Il fallait donc créer des interfaces simples, utilisables par tous et toutes, et automatiser tout ce qui pouvait l'être. Via l'application candidats, une Progressive Web App développée avec Nuxt.js, les intérimaires étaient autonomes pour fournir leurs documents légaux, saisir leurs relevés d'heures, consulter contrats et bulletins de paie ou demander des acomptes. Grâce à ces (très) nombreuses automatisations, l'onboarding administratif d'un nouvel intérimaire a fini par prendre 10 minutes, contre 2 à 3 heures auparavant.
Cinquante clients en production, un seul développeur
J'étais CTO de Smart Moov, et j'en étais aussi le seul développeur. Back-end Node.js, applications Vue.js et Nuxt, base MongoDB, infrastructure Kubernetes : tout a été conçu, écrit et exploité par une seule personne. La plateforme a fini par servir 50 clients, tous réellement en production, parmi lesquels Elior, Carrefour, le Parc Astérix, Leroy Merlin, Daunat ou Caterpillar, et à générer 1 500 contrats.
Il a fallu aussi aller chercher les clients là où ils travaillaient déjà : j'ai développé une quinzaine de connecteurs ATS pour déverser les candidatures directement dans leur propre outil de recrutement, sans ressaisie. Le reste du produit s'est construit sans accroc majeur. La paie, en revanche, a été un sacré chantier : elle concentre les règles métier les plus tordues et ne laisse aucune place à l'approximation, une erreur se voyant immédiatement sur le bulletin d'un intérimaire.
Ce que le marché voulait vraiment
Faute de budget, tout s'est arrêté en mai 2023. Avec le recul, l'enseignement est net : le marché ne voulait pas gérer son intérim lui-même. Il voulait de l'intérim standard, délégué comme il l'a toujours été, mais au prix de l'intérim digital. L'entreprise a donc pivoté vers l'intérim standard.
Construire une plateforme que des groupes de cette taille utilisaient vraiment au quotidien ne suffit pas si la valeur perçue reste celle d'une prestation qu'ils achètent déjà ailleurs. J'en ai gardé un réflexe : vérifier très tôt ce qu'un marché est prêt à payer, pas seulement ce qu'il déclare vouloir.